Alimentation du Savannah

Le libre accès à la nourriture à volonté

Que vous choisissiez l’alimentation crue (assurez-vous d’utiliser des marques certifiées conformes aux normes HACCP et AAFCO ainsi qu’une gamme complète et équilibrée), une alimentation de nourriture humide, une alimentation de croquettes sèches, une alimentation de proies entières ou encore une alimentation mixte, il est toujours recommandé de laisser des croquettes sèches de haute qualité en quantité suffisante en tout temps.

De nombreux guides généralistes et emballages de nourriture recommandent de rationner les chats à deux repas par jour. Si cette méthode convient à l’emploi du temps des humains, elle s’avère biologiquement inadaptée pour le Savannah.

Les marques de nourritures pour chats indiquent des proportions et un nombre de repas sur leurs sacs de nourriture. Ces indications ont généralement pour but de prévenir l’embonpoint et l’obésité chez le chat domestique. Les chats domestiques peuvent facilement devenir très sédentaires, peu actifs et gourmands. Cependant, ces indications ne sont pas conçues et encore moins indiquées pour les races particulières de félins hybrides comme le savannah.

Voici pourquoi limiter l’accessibilité aux croquettes à des repas n’est vraiment pas l’idéal pour les savannahs et qu’il est nettement préférable de leur laisser des croquettes à volonté en tout temps et cela, que vous optiez pour une alimentation mixte (nourriture humide et/ou cru) ou non.

En tant que félin hybride (descendant du Serval), le Savannah possède une morphologie unique, un métabolisme ultra-rapide et une sensibilité comportementale accrue.

À l’état sauvage, le Serval africain ne fait pas de grands repas espacés de 12 heures. Le serval chasse et consomme entre 10 et 20 micro-proies par jour (petits rongeurs, oiseaux, insectes). Le tube digestif du Savannah a hérité de cette conception : un estomac de petite taille et un intestin court adaptés à une digestion continue.

Ce n’est pas naturel de limiter un savannah à deux repas par jour. Ce rythme contraint, bien que pratique pour les humains, va à l’encontre de la biologie du savannah et peut provoquer de réels problèmes.

Précisions selon les générations

Pour les générations de savannahs F1 et F2, il est fortement recommander d’opter pour une alimentation mixte à base de cru et/ou proies entières avec un accès en tout temps à des croquettes de haute qualité. Pour les générations de savannahs F3 et les générations suivantes, il est possible d’opter pour l’alimentation mixte ou pour une alimentation exclusivement composée de croquettes sèches.
Voici des recommandations minimales pour l’alimentation mixte selon les générations :
-> Savannah F1 : 2 à 3 repas par jour de proies entières et/ou cru (fortement recommandé) ainsi que des croquettes de haute qualité disponibles à volonté en tout temps.
-> Savannah F2 : 1 à 3 repas par jour de cru ainsi que des croquettes de haute qualité disponibles à volonté en tout temps.
-> Savannah F3 : 1 à 3 repas par jour de cru (au besoin selon les préférence de l’animal) ainsi que des croquettes de haute qualité disponibles à volonté en tout temps.
-> Savannah F4 et plus basses générations : 1 à 3 repas par jour de cru (si désiré) ainsi que des croquettes de haute qualité disponibles à volonté en tout temps.

Les conséquences de la limitation à des repas de croquettes sèches espacés (2 à 3 fois par jour)

Le tube digestif du chat est court et son estomac est de petite taille, conçu pour digérer des quantités minuscules tout au long de la journée. Le limiter à deux repas volumineux engendre deux problèmes majeurs :

  • La peur du manque et la gloutonnerie :  Rationner un Savannah crée une anxiété de privation. Dès que la gamelle est posée, le chat « gloutonne » : il avale ses croquettes sans mâcher et ingère sa ration trop vite. L’estomac subit une distension brutale, ce qui déclenche des vomissements de régurgitation de croquettes mal digérées (croquettes entières à peine réhydratées) juste après le repas.
  • L’irritation gastrique : Lorsque l’estomac reste vide pendant plus de 8 à 10 heures, l’acide chlorhydrique produit pour la digestion s’accumule. Sans aliment pour l’absorber, cet acide irrite la paroi stomacale, provoquant des gastrites ou des vomissements de bile jaunâtre à jeun.
  • Les conflits territoriaux : Le Savannah possède un instinct de possession très développé. Le rationnement favorise les comportements de protection de ressources (grogner, bloquer l’accès à la nourriture), créant des tensions si vous avez plusieurs animaux.
  • Les retards de croissance : Les besoins d’un savannah sont plus élevés que ceux d’un chat domestique. Cette réalité perdure toute la vie mais elle est particulièrement marquée pendant la période de la croissance qui peut s’étendre jusqu’à l’âge de 2 à 3 ans chez certains savannahs. Rationner strictement un savannah aux quantités indiquées sur les sacs pourrait engendrer des carences ainsi qu’un retard de croissance.

Pourquoi les Savannahs ont besoin de manger PLUS que les indications du sac

Les tableaux nutritionnels imprimés sur les sacs de nourriture sont calculés pour le chat domestique « moyen », souvent sédentaire et ayant de fortes tendances à manger par ennui.

Voici pourquoi ces tableaux et ces indications ne correspondent pas à la réalité du Savannah :

  • Une morphologie athlétique : Le Savannah est plus long, plus haut sur pattes et possède une masse musculaire dense et lourde. Ses organes internes sont plus petits proportionnellement à son poids total par rapport à un chat standard. Son corps consomme énormément de carburant, simplement pour maintenir sa musculature.
  • Une croissance tardive : Le Savannah (particulièrement les générations F1 à F4) grandit jusqu’à l’âge de 2 ou 3 ans. Un rationnement durant cette période critique peut provoquer des retards de croissance et impacter son développement osseux.
  • Des dépenses énergétiques hors normes : Ce sont des chats actifs qui courent, sautent et dépensent une quantité élevées de calories par jour. Ils ont besoin de soutenir ces grandes dépenses caloriques.

Le protocole idéal : Nourriture à volonté, hydratation et environnement enrichi

Pour que le système « à volonté » fonctionne parfaitement sans engendrer de surpoids ou d’ennui, il doit s’inscrire dans une routine précise combinant trois piliers fondamentaux :

  • Pilier 1 : La nourriture en libre-service

– Laissez un accès permanent aux croquettes de haute qualité (riches en protéines de sources animales). Le chat doit savoir que sa ressource est illimitée.

– Pour optimiser davantage ce système, il est possible d’ajouter la bi-nutrition : Offrez un à deux repas par jour de nourriture humide (pâtée de qualité ou alimentation crue). Les croquettes fournissent l’énergie en continu, tandis que la pâtée et/ou le cru apporte plus d’eau essentielle qui nettoie les reins et la vessie. De plus, la nourriture humide et le cru contiennent généralement plus de taurine assimilable d’une importance cruciale pour le savannah.

  • Pilier 2 : L’hydratation

– Le chat est un buveur exigeant qui refuse l’eau stagnante ou souillée. Le plastique retient les odeurs et les bactéries, ce qui repousse le chat. Idéalement : Utilisez des bols en acier inoxydable (ou en céramique lourde).

La routine : Changez l’eau 1 à 2 fois par jour, en nettoyant et frottant le bol à chaque changement pour éliminer le biofilm bactérien.

  • Pilier 3 : La stimulation et la dépense énergétique contre l’ennui

Un Savannah stimulé ne mange pas par déprime ou par désœuvrement ; il mange uniquement pour combler ses besoins réels. Son environnement doit obligatoirement inclure au moins un des éléments suivants et idéalement plusieurs :

– Une roue pour chat (indispensable pour l’exercice cardio-vasculaire). La roue permet également de dépenser leur trop plein d’énergie mais aussi d’apaiser l’anxiété et l’intensité des émotions primitives. Par conséquent, cela permet d’éviter certaines bêtises ou certains comportements primitifs ou destructeurs (particulièrement pour les hautes générations).

– Un arbre à chat robuste.

– Un tunnel pour chat.

– Des interactions quotidiennes avec les humains ou un compagnon animal compatible.

L’exercice physique accélère le métabolisme et stimule la miction. Un chat actif urine plus souvent, ce qui réduit les risques pour l’urine de stagner dans la vessie et de sédimenter en cristaux. De plus, la stimulation et l’activité physique augmentent le sentiment de besoin de s’hydrater et pousse les savannahs à boire de l’eau plus souvent et en plus grande quantité.

En offrant à votre Savannah des croquettes de haute qualité à volonté, une eau fraîche et un espace de vie hautement stimulant, vous respectez sa nature de félin.

Le choix de la nourriture

Le choix de la nourriture donnée est très important afin d’éviter les carences ou les problèmes digestifs.

Concernant les nourritures crues, il est fortement recommandé d’utiliser des marques certifiées conformes aux normes HACCP et AAFCO ainsi qu’une gamme de nourriture complète et équilibrée. Vous pouvez donner les repas de cru congelé ou les décongeler légèrement. Si le cru est complètement décongelé, cela accélérera la prolifération des bactéries. Il est recommandé de retirer les restes après 20 minutes si donné décongelé et 30 à 45 minutes si donné congelé.

Concernant les croquettes sèches, il faut d’abord s’assurer que l’apport en protéines est suffisamment élevé, soit un seuil minimal de 34% de protéines. Idéalement, ces protéines doivent être de source animale le plus possible, les sources synthétiques sont à éviter. Le taux de calcium est également à prendre en considération, un seuil minimal de 1% de calcium est nécessaire. Il est aussi recommandé de s’assurer que le taux de taurine soit d’un seuil minimum de 0,14% de taurine et idéalement plus si possible. La marques reconnues de croquettes sèches offrent des recettes dont la composition des nutriments et minéraux est balancée adéquatement.

De plus, le rythme de croissance du serval est très différent de celui du chat domestique. La croissance d’un serval s’étend sur une durée total d’environ 3 ans, soit une durée 3 fois plus longue que celle du chat domestique. De plus, le développement du serval est beaucoup plus lent dans les premières semaines de vie. Le savannah hérite de ces particularités dans une proportion qui diffère en fonction de la génération, de la lignée mais surtout, du bagage génétique individuel. C’est pourquoi les nourritures pour chaton sont recommandées sur une période minimale d’au moins 2 ans et parfois pour toute la vie en raison des taux de protéines, taurine et calcium plus élevés.

Note : Ces informations sont basées sur l’expérience cumulée d’éleveurs expérimentés ainsi que sur les meilleures connaissances actuellement disponibles concernant la race Savannah.