Intégration du savannah

D’abord créé à l’intention de nos clients, la Chatterie Savannah Québec a créé le guide de la quarantaine à partir de nos connaissances, de nos expériences et des résultats de nos recherches assidues. La synthèse de ces informations s’est construite à partir de nombreuses années d’accumulation de données. Nous avons décidé de rendre notre guide de la quarantaine public afin d’en faire bénéficier le plus grand nombre.

* Nous vous remercions de nous accorder le crédit qui nous revient en citant la source de ces informations si vous désirez les utiliser pour un autre élevage ou à d’autres fins.

Section guide pratique

Définition de la quarantaine

La quarantaine est période d’isolement dans une pièce entièrement fermée pendant une période déterminée. Il s’agit d’une étape essentielle à l’arrivée de votre savannah.

Elle doit être respectée pendant une durée de :

• 14 jours complets pour les chatons de moins de 6 mois

• 1 mois complet pour les savannahs de plus de 6 mois et les savannahs F1

Important : Aucun contact direct avec les autres animaux durant cette période. Ils peuvent interagir sous la porte s’ils en ont envie mais ne sont pas en contact direct. Le contact indirect sous la porte n’est pas intrusif et permet au savannah ainsi qu’à l’autre animal de se soustraire des interactions facilement s’il en ressent le besoin. Cela permet une familiarisation progressive sans ajouter un stress additionnel important en forçant le savannah à se positionner dans la hiérarchie des animaux de son nouveau foyer.

Installation de la quarantaine

Préparez une pièce fermée et calme (chambre, bureau, salle de bain, etc.). La pièce doit être constituée de 4 murs visibles et d’une porte fermée (évitez les aires ouvertes).

* Il est préférable d’éviter les changements alimentaires en période de stress. *

Nettoyer la pièce, les meubles et objets qui s’y trouvent afin de retirer les odeurs d’autres animaux qui y sont présentes (neutraliser).

Éléments dans la pièce :

• Litière

• Bols d’eau et de nourriture

• Couchage confortable, idéalement une couverture de transition (odeur connue)

• Cachette (boîte, petit lit fermé, transporteur ouvert)

• Jouets simples (attention, les savannahs ont tendance à manger leurs jouets)

• Dans la mesure du possible, bloquez les accès à des cachettes inaccessibles pour vous. Par exemple, en insérant des oreillers, des coussins, des rouleaux de serviettes ou des couvertures dans les fentes sous les meubles ou sous le lit afin d’éviter que le savannah puisse s’y faufiler et demeurer hors d’accès pendant la durée de sa quarantaine.

Objectifs de la quarantaine

• Réduit considérablement les risques de maladie et/ou d’infection virale

• Réduit les risques de troubles comportementaux (anxiété, méfiance, agressivité)

• Favorise un état équilibré et confiant

• Renforce un lien humain-animal solide et durable

* Chez le Savannah, cette étape fait une différence majeure sur toute sa vie. *

Interaction avec le savannah

La quarantaine est le moment idéal pour créer un lien de confiance. L’adoption d’une attitude affectueuse, calme, confiante, ferme et bienveillante facilite grandement ce processus. Votre savannah vous percevra comme un solide ancrage bienveillant. Par exemple, en entrant dans la pièce en douceur et parlant avec une voix rassurante. Si votre savannah semble tout de même craintif, des périodes de présence de 20 minutes à 1 heure sont suffisantes dans les premiers jours afin de le laisser se familiariser avec l’environnement. Si votre savannah réclame votre présence, vous pouvez rester dans la pièce avec lui selon votre disponibilité. Il peut être préférable de limiter le nombre de visiteurs présents simultanément. Les 3 premiers jours sont toujours les plus difficiles.

Les 3 A sont les piliers du lien avec un savannah :

✔  Amusement : La canne à chat permet d’interagir en stimulant les instincts de jeu.

✔  Appétit : Les gâteries comme les « Cat’It Creamy » exprime vos bonnes intentions.

✔  Affection : Les caresses favorisent l’établissement d’un lien d’attachement.

Vous devenez sa base de sécurité.

Signes physiques à surveiller

Consultez un vétérinaire si vous observez ces

signes chez votre savannah :

• Ne mange pas et/ou ne va pas à la litière plus de 48h après son arrivée

• Fatigue excessive persistante (apathie), diarrhée ou constipation persistante

• Écoulements persistants (yeux ou nez) et/ou éternuements fréquents persistants

Introduction progressive aux autres animaux

• Étape 1 -> Quarantaine (14 jours d’isolement dans une pièce fermée)

• Étape 2 -> Échanges d’odeurs (couvertures, objets)

• Étape 3 -> Première rencontre supervisée de courte durée

S’adapter au rythme du savannah ainsi que de l’animal.

Section guide informatif

Comprendre l’importance de la quarantaine

Pourquoi la quarantaine est-elle si importante chez les savannahs? Comprendre les raisons justifiant l’importance de la quarantaine chez le savannah permet de mieux le comprendre dans ses réactions face à des situations variées. Cela aide à comprendre un peu mieux sa nature complexe et ses particularités qui en font un animal d’exception.

Pour le chat domestique…

Si vous avez déjà eu des chats domestiques, il est fort possible que vous n’ayez pas fait de quarantaine. Cela n’est généralement pas dommageable pour la plupart des chats domestiques. Les chats sont des animaux domestiques qui présentent des modifications génétiques (comportementales et physiques) afin de s’adapter à la vie en captivité ainsi qu’à la cohabitation avec les humains. Cependant, dans le cas des savannahs et plus particulièrement des hautes générations, la situation est généralement très différente.

Pour le serval…

Afin de mieux comprendre pourquoi les savannahs ont une réaction interne aussi différente de celles des autres chats suite à une adoption, nous allons nous référer au serval, l’ancêtre à la base de l’hybridation à l’origine de la race.

Le serval est un félin sauvage de la savane doté d’une grande intelligence. Cela lui confère un niveau de conscience élevé dans sa façon de percevoir les choses et les situations. Son degré de compréhension avancé ajoute de la profondeur à son analyse en plus de ses capacités de mémorisation et d’apprentissage. Cela ajoute à l’intensité de ses réactions puisqu’il attache plus de sens aux éléments qui l’entourent ainsi qu’aux événements.

Comme la plupart des animaux sauvages, il établit un territoire qu’il connait bien et dans lequel il se sent en sécurité. Ce territoire représente sa base de sécurité, il établit ses repères dans cet espace connu et prévisible. Un changement brusque de territoire amènerait la perte drastique de tous ses repères et générerait un stress de grande ampleur. L’intensité de ce stress peut parfois même mener jusqu’à la mort du serval. Cela s’explique par la façon dont son corps perçoit et réagit au stress mais aussi parce que ce dernier n’a plus ses habitudes, routines et ne sait plus comment assurer ses besoins de base ainsi que sa sécurité.

Pour un animal sauvage comme le serval, la survie repose sur l’appropriation d’un territoire prévisible, stable, présentant à la fois des possibilités de chasses abondantes et des risques potentiels limités. Même s’il a peu de prédateurs en raison de sa vitesse, le serval perçoit chaque nouveauté comme un danger potentiel. Dans son territoire permanent, il connait les dangers et les éléments inoffensifs ou sécuritaires pour lui. Cela guide les comportements qui deviendront ses habitudes et ses routines. Ce dernier est profondément attaché à son territoire car il représente son environnement connu et ses repères pour assurer sa survie. Ces instincts sont encodés dans les gènes du serval.

Le stress et l’ennemi invisible, le cortisol…

Le serval ne réagit pas au stress et au sentiment de vulnérabilité et d’impuissance de la même façon que le ferait un animal domestique comme le chat. Le taux de cortisol généré est beaucoup plus élevé. Cela permet de combattre, prendre la fuite ou de se cacher de manière très rapide et efficace dans la nature mais ne dure jamais très longtemps dans la vie sauvage. En captivité, ce stress peut se poursuivre pendant des heures, des jours et même des semaines. Cela peut engendrer des problèmes très graves si le stress est maintenu car le corps n’est pas conçu pour maintenir un taux de cortisol aussi élevé dans la durée. Ce cortisol, utile aux réactions explosives en décuplant les sens, devient un poison qui l’intoxique de l’intérieur allant jusqu’à s’attaquer aux organes vitaux comme le cœur et les reins qui peuvent présenter des dysfonctionnements ou cesser de fonctionner.

De plus, le cortisol épuise le corps, ce qui diminue progressivement la force du système immunitaire et affaiblit les barrières immunologiques qui protège le serval des bactéries et virus qui lui seraient normalement inoffensifs. Cela ouvre la voie à un déclin très rapide de l’état général.

Lors d’une multitude de changements simultanés, l’impact du cortisol s’amplifie dans un effet d’accumulation des facteurs de risques. Par exemple, lorsque des changements au niveau de l’alimentation viennent débalancer l’équilibre du microbiome intestinal étroitement relié au système immunitaire pendant une période de stress.

Pour le savannah…

Il peut arriver qu’un savannah ne subisse aucune répercussion visible de l’absence de quarantaine mais le plus souvent, il y aura des conséquences comportementales et/ou physiques à cette omission. Malheureusement, pour plusieurs savannahs, ces répercussions peuvent être majeures. Au niveau comportemental, cela peut aller de la simple méfiance aux problèmes de comportements graves et d’autres conséquences et au niveau de la santé, cela peut aller d’une simple rhinotrachéite (grippe de chat) à la PIF (mutation du coronavirus inoffensif en PIF, une maladie mortelle si non traitée).

Il est impossible de savoir quel savannah risque d’être affecté psychologiquement ou physiquement par l’absence de quarantaine. Toutefois, nous savons qu’une proportion significative des savannahs de basses générations (F4, F5, F6, F7 et F8) ainsi qu’une proportion particulièrement élevée des savannahs hautes générations (F1, F2, F3) seront affectés d’une manière ou d’une autre en cas d’omission de la quarantaine. Plus la part de serval est importante, plus les réactions seront intenses et se rapprocheront de celles du serval.

Le principal piège est de se fier seulement à ce que l’on voit. Les chats cachent instinctivement leurs faiblesses et vulnérabilités et ne les laissent paraître que dans les cas les plus intenses. Si vous ne voyez aucun signe de stress suite au déménagement, cela ne veut pas dire que ce stress n’est pas présent chez votre savannah. Il est fort probablement en hypervigilance (survolté et excité ou anxieux et craintif). Même s’il vous semble à l’aise dans son nouvel environnement, ses pupilles sont généralement plus dilatées et ses yeux semblent plus ronds. Les émotions générées par tous les changements ne proviennent pas de vous, cela n’est pas relié au fait que vous soyez doué ou non pour interagir avec lui, cela n’a rien de personnel.

Le savannah vit un stress très important parce que tout est nouveau à la fois. Le territoire, les odeurs, les sons, les routines, les habitudes, les meubles, les objets, les personnes, absolument tout. Il fait donc face à une multitude de sources de dangers potentiels et/ou d’excitation selon son tempérament mais dans tous les cas, il est assailli par les stimulations de ces nouveautés et son corps a besoin de calme et de repos. C’est pourquoi dans un premier temps, il est déterminant de réduire la taille de l’environnement ainsi que le nombre d’objets, de meubles, d’odeurs et d’êtres vivants présents dans ce nouvel environnement.

De plus, les pièces ouvertes donnent accès à d’autres espaces mais impliquent également une multitude d’angles à surveiller et d’accès d’où un élément perçu comme un danger potentiel pourrait surgir. Une pièce de 4 murs bien visibles avec une porte fermée permet de réduire les angles à surveiller en limitant les accès d’où pourrait surgir un danger potentiel. De plus, les odeurs s’empreignent plus rapidement dans un espace clos, ce qui pourra s’avérer rassurant pour un savannah devant s’approprier son nouvel environnement qui deviendra l’équivalent de son territoire.

Afin de s’assurer que l’intégration de votre savannah soit un succès, la quarantaine est votre meilleure alliée et garantie contre cet éventail de risques évitables.